Gilberte Tilly, une Chièvroise d'exception!

Publié le par BRUNO

J'ai récemment eu l'honneur de rencontrer et d'animer une conférence avec Mme Gilberte Tilly.

En 1940, Gilberte à 15 ans quand la guerre éclate.... Immédiatement, elle se met au service de la Résistance.
Son rôle consistait principalement à récolter le plus de renseignements sur la base aérienne de Chièvres .
Malheureusement, à la suite d'une dénonciation par des collaborateurs Rexistes de la Ville, elle a été arrêtée, avec 2 autres résistants, dans la nuit du 13 et 14 septembre 1943.
Après avoir été transférée dans la prison de Mons puis à la prison de Bruxelles... C'est là qu'au nom du  Führer, le grand conseil de guerre de la Luftwaffe la condamna à la peine de mort pour espionnage.
Quelques semaine plus tard, on lui annonça son départ pour l'Allemagne... et plus précisément à Ravensbrück, le ravin de la mort!
Voilà ce que Gilberte Tilly  en dit " (...) Vous ne sauriez comprendre ce que ce mot Ravensbrück évoque encore aujourd'hui dans mon esprit. De tout ce que j'avais vu, de tout ce que j'avais subi de la part des nazis avant mon arrivée. Ravensbrück était le bouquet: misères, souffrances, froid, horreur, mort...! Les camps d'extermination étaient le symbole absolu de l'horreur, des grandes machines à tuer. Pour les nazis l'extermination devait être totale et toutes les cendres dispersées. A Ravensbrück elles étaient jetées dans le lac! (...) Nos gardiens nous ont remis aux mains des S.S., à l'entrée  du camp sous le panneau "Arbeit macht Frei". Dès cet instant nous suffoquions, car une odeur nous prenait à la gorge. D'une haute cheminée sortaient des flammes rougeâtres. Nous pouvions penser d'abord qu'il sagissait de la cuisine. Nous devions apprendre le lendemain que cette cheminée était celle du four crématoire et nous étions terrifiées à la pensée qu'un jour peut-être proche, nos pauvres corps déjà épuisées, alimenteraient ce brasier immonde! Des 32 femmes qui composaient notre convoi à notre départ de Bruxelles, deux seulement sont rentrées en Belgique: Madame Josée Van Durme de Waterloo et... moi-même (...)".

Gilberte a été affamée, torturée, soumise à des expériences médicales.... Grâce à la solidarité entre détenues, une volonté sans faille et à deux doctoresses prisonnières, une polonaise et une tchèque qui lui faisaient des piqûres procurées frauduleusement, au risque de leur  vie afin de "soutenir son coeur", Gilberte a échappé miraculeusement à la mort.

Aujourd'hui, à plus de 80 ans, Gilberte apporte son témoignage, principalement auprès des jeunes dans les écoles.
Elle nous invite à ne jamais oublier le sacrifice de ceux qui ont donné leur vie, résistants et soldats, pour que nous puissions vivre LIBRES.

 "CELUI QUI NE SE SOUVIENT PAS DU PASSE EST CONDAMNE A LE REVIVRE"



 
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